L’anniversaire de séjour de ‘Abdu’l-Bahá à Montréal

Portrait de 'Abdu'l-Bahá par Juliet TomsonMontréal le 31 août 2018 – Après cinq mois d’une tournée exigeante mais extrêmement fructueuse à travers les États-Unis, etmalgré les sérieuses mises en garde et les avertissements des amis affirmant qu’il ne serait jamais le bienvenu dans cette société considérée alors comme une sociétécatholique, fanatique et fermée, le Maître se dirigea vers Montréal. Tard dans la nuit du 30 août 1912, la famille Maxwell et Mme Louise Bosch accueillirent ‘Abdu’l-Bahá qui arrivait par train en provenance de Boston. Ils se rendirent directement à la maison des Maxwell située sur l’avenue des Pins Ouest et ‘Abdu’l-Bahá y séjourna pendant quatre jours avant de prendre une suite à l’hôtel Windsor, vu le flot constant de visiteurs dont certains, suppliants, le suivaient parfois même jusque dans sa chambre.

Tout au long de la semaine, le Montreal Daily Starfit paraître des articles sur ce grand événement. En fait, c’est à Montréal, au cours de ces jours mémorables, que les meilleurs articles sur l’ensemble du séjour de ‘Abdu’l-Bahá en Amérique du Nord ont été publiés. On était alors en 1912, deux ans avant le début de la Première Guerre mondiale. En ces heures de grave inquiétude face aux conflits menaçants et à la prolifération des armements, les prédictions de cet « Apôtre de la Paix… [voulant] qu’une guerre horrible [soit sur le point d’éclater] » firent les manchettes des journaux montréalais. Les avertissements de ‘Abdu’l-Bahá étaient clairs, prophétiques, catégorique. En 1912, lors de la visite du Maître, plusieurs se rappelaient encore les ravages de la guerre civile américaine qui, quelque 40 ans plus tôt, avait coûté la vie à 620 000 hommes, et les paroles de ‘Abdu’l-Bahá sur l’éventualité d’un chaos semblable sur le continent européen résonnaient profondément.

Le rôle qu’a joué May Maxwell dans la planification et la réalisation du séjour historique de ‘Abdu’ l-Bahá à Montréal est immense ; c’est elle qui a organisé la plus grande partie du programme de ses activités publiques. Le Maître n’a d’ailleurs jamais tari d’éloges envers elle.

Dans une de ses Tablettes adressées au Canada, il l’a immortalisée en ces mots:

« Il a constaté que, grâce aux efforts de Madame Maxwell, cette servante de Dieu, plusieurs fils et filles du Royaume, dans ce dominion, se rassemblaient et fraternisaient, renforçant chaque jour davantage ce très vif enthousiasme. Le voyage n’a duré que quelques jours mais, dans le futur, il produira des retombées inépuisables. »

Il n’y avait à l’époque que quatorze bahá’ís environ à Montréal, mais ce petit nombre ne diminua en rien les éloges du Maître tant pour la ville elle-même que pour le potentiel qu’il avait perçu dans ces âmes qui l’impressionnèrent, en particulier celle de May Maxwell :

« Quand un fermier acquiert une terre vierge, il a tôt fait d’en cultiver une grande partie. J’espère donc que Montréal sera un jour si animée que la mélodie du Royaume parviendra de ce dominion à toutes les régions du monde, et que le souffle de l’Esprit saint se répandra de cette ville vers l’est et vers l’ouest de l’Amérique. … »

Le nombre de croyants était, à l’époque, peu significatif; ce qui importait, c’était la qualité et l’ampleur du dévouement qui animait les cœurs de tous ceux qui eurent le bonheur d’accéder à la présence du Maître, que ce soit dans les conditions déplorables de la ville-prison de ’Akká ou dans de magnifiques maisons, églises, synagogues ou salles de réunion en Europe et en Amérique du Nord. Ce dévouement suffit à sortir la Foi de son père de l’obscurité presque totale dans laquelle elle se trouvait encore à cette époque où si peu d’Occidentaux en avaient entendu parler, pour lui permettre d’atteindre sa position actuelle : elle est aujourd’hui la deuxième religion mondiale la plus géographiquement répandue sur terre. 

La maison de l'architecte MaxwellDans son journal où elle relate le séjour du Maître à Montréal, May Maxwell a décrit, dans un langage poétique, son arrivée chez elle, sur le flanc du mont Royal, dans la soirée du 30 août 1912. « À la clarté éclatante d’une lune d’été », il était arrivé à bord du train de Boston et la Providence voulut que le train ait du retard : attendu à 20 h 40, il n’arriva en fait que vers minuit. May et Sutherland Maxwell, en compagnie de Marie Louise Bosch, attendaient le Maître dans deux voitures. Il fut chaleureusement accueilli à la gare de Windsor située sur la rue Peel. Pour cette visite, seuls deux membres de son escorte l’accompagnaient : Mahmúd-i-Zarqání, qui faisait la chronique de son périple en Amérique du Nord, et Ahmad Sohrab, son interprète. 

Le soir même de son arrivée chez les Maxwell, ‘Abdu’l-Bahá a rencontré un groupe d’amis et le journaliste John Lewis, rédacteur en chef du Montreal Daily Star. Il est probable que M. Lewisait lui-même été bahá’í car, dans les notes d’un témoin oculaire de l’époque, Amine De Mille, son nom apparaît sur la liste des « premiers serviteurs à s’être levés (pour enseigner la Cause)grâce à l’enseignement de Sutherland et May Maxwell ». M. Lewis y figure comme ayant été parmi « les premiers amis de la Foi à Montréal ». La publicité considérable et, surtout la personnalité irrésistible de ‘Abdu’l-Bahá donnèrent lieu à tant de demandes de renseignements chez les Maxwell qu’il devint impossible de les gérer toutes. 

‘Abdu’l-Bahá a donné huit conférences publiques et sept présentations informelles, soit quinze causeries au total, dont six ont été transcrites. Ces nombres n’incluent pas les articles de journaux, les entretiens privés ni les notes des pèlerins consignés dans le journal de Mahmúd. Trois conférences ont eu lieu dans la maison des Maxwell et deux dans les grandes églises de Montréal.                                                                                                                                                                           La gare de Windsor

Pendant ses moments de « repos » chez les Maxwell, ‘Abdu’l-Bahá s’adressait souvent à de petits groupes d’invités sur 
des sujets tels que « l’immortalité » ou « la nature de l’homme ». Quand le temps lui manquait pour répondre aux questions qu’on lui posait après ses causeries publiques, il avait l’habitude d’inviter les gens à se joindre à lui pour poursuivre la discussion en privé. Amine de Mille, une bahá’íe américaine, écrivit que, dès le premier matin de son séjour à Montréal, ‘Abdu’ l-Bahá a commencé à recevoir un flot de visiteurs et que, toute la journée, ils entraient et sortaient en grand nombre… »  Il savait mieux que quiconque donner à chacun l’impression d’être la seule personne que lui, ‘Abdu’l-Bahá, était venu rencontrer à Montréal.

 

Publication d’origine: Nouvelles http://bahaimontreal.org/fr-ca/nouvelles/183-l-anniversaire-de-sejour-de-abdu-l-baha-a-montreal

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