Célébration de l’anniversaire de l’Ère nouvelle – 1844

Montréal, le 23 mai 2019 – Dans les quartiers de Montréal, amis et membres de la communauté bahá’íe se sont assemblées pour célébrer l’anniversaire de la mission du Báb, le Héraut de la foi. Cet événement qui a eu lieu dans une modeste maison à Shiráz il y a 175 ans, indique le commencement de l’Ère bahá’íe ou l’Ère nouvelle. Des prières spéciales accompagnées de musique et de textes historiques concernant les événements de la déclaration du Báb ont été présenté par les amis bahá’ís en collaboration avec les enfants et les jeunes de la communauté.

La scène d’ouverture du premier acte de ce grand drame se déroula à Shiraz, au premier étage de la modeste demeure du fils d’un drapier, située dans un quartier pauvre. Elle eut lieu à l’heure précédent le coucher du soleil, le vingt-deux mai mil huit cent quarante-quatre. Les personnages qui y prirent part sont : le Báb, un siyyid* de pure et sainte lignée, âgé de vingt-cinq ans, et le jeune Mullà Husayn qui, le premier, crut en lui. Leur rencontre, qui précéda immédiatement cet entretien, a semblé purement accidentelle. L’entrevue elle-même se prolongea jusqu’à l’aube. L’hôte demeura enfermé, seul avec son invité, et la ville endormie fut loin de se douter de l’importance de la conversation qu’ils eurent ensemble. Nul récit de cette nuit unique n’est passé à la postérité, sauf le compte rendu fragmentaire mais hautement édifiant qui tomba des lèvres de Mulla Husayn.

« je restai assis, retenu par le charme de sa parole, oublieux du temps et de ceux qui m’attendaient », a-t-il témoigné après avoir décrit la nature des questions posées à son hôte et les réponses décisives qu’il en avait reçues, réponses qui avaient établi, sans l’ombre d’un doute, la validité de sa prétention à être le Qà’im promis.  » Soudain, l’appel du mu’adhdhin* ‘ invitant les fidèles à la prière du matin, me tira de l’état d’extase dans lequel, apparemment, j’étais tombé. Toutes les délices, toutes les gloires ineffables énumérées par le Tout-Puissant dans son livre2 comme étant les possessions inestimables des habitants du paradis, je pensai les ressentir cette nuit-là. Il me sembla que j’étais dans un endroit dont on pourrait dire à juste titre : « Ici, aucune peine ne peut nous atteindre, aucune lassitude ne peut nous toucher ; on n’entendra ici ni vains discours ni mensonges, mais seulement cette exclamation : Paix ! Paix ! Là, retentira leur cri : Gloire à toi, ô Dieu, leur salutation : Paix ! » et la fin de leur cri : « Loué soit Dieu, le Seigneur de toutes les créatures. » Le sommeil m’avait fui cette nuit-là. J’étais captivé par la musique de cette voix dont le chant s’élevait et s’abaissait tour à tour ; tantôt elle s’amplifiait pour révéler des versets du Qayyumu’l-Asma’*, tantôt elle revenait à de célestes et subtiles harmonies pour chanter des prières inconnues. A la fin de chaque invocation, il répétait ce verset : ‘Loin de la gloire de ton Seigneur, le très- Glorieux, sois ce que ses créatures affirment de Lui ! Et que la paix soit sur ses messagers ! Loué soit Dieu, le Seigneur de tous les êtres. »

« Cette révélation », a encore témoigné Mullà Husayn, « s’imposant à moi si soudainement et avec une telle impétuosité, me fit l’effet d’un coup de foudre qui, pendant un moment, sembla obnubiler mes facultés. Je fus aveuglé par sa splendeur éblouissante, et assommé par son écrasante puissance. Excitation, joie, crainte et étonnement agitèrent le tréfonds de mon âme. Au milieu de ces émotions prédominait une impression de bonheur et de force qui semblait m’avoir transfiguré. Que j’avais donc été faible et impuissant par le passé ; à quel point je m’étais montré abattu et craintif ! je ne pouvais alors ni écrire, ni marcher, tant mes mains et mes jambes tremblaient. Maintenant, par contre, la connaissance de sa révélation avait galvanisé mon être. Je me sentais possédé d’un tel courage et d’une telle puissance que si le monde, avec tous ses peuples et ses potentats, s’était ligué contre moi, j’aurais résisté tout seul avec intrépidité à leur assaut. L’univers ne me paraissait plus qu’une poignée de poussière dans la main. je semblais être la voix de Gabriel personnifié, lançant un appel à l’humanité entière:  » Eveillez-vous, car voici que la lumière du matin a paru. Levez-vous, car sa cause est rendue manifeste. Les portiques de sa grâce sont grands ouverts ; franchissez-les, ô peuples du monde ! Car celui qui est votre Promis est arrivé ! »

…. Avec cette déclaration historique, l’aube d’un âge qui indiquait la consommation de tous les âges s’était levée.

 

*Siyyid: seyyed, descendant du prophète Mahomet.

*Mu’adhdhin: muezzin, membre du clergé ou tout autre musulman qui, du haut d’un minaret, appelle les croyants à la prière cinq fois par jour.

*Qayyùmu’l-Asmà’: célèbre commentaire sur la sourate de joseph, dans le Coran. Le ler chapitre en fut révélé pendant la nuit où Mullà Husayn rencontra le Báb. Il constitue pour les musulmans l’une des preuves les plus importantes de l’authenticité du Báb en tant que prophète.

Publication d’origine: Nouvelles http://bahaimontreal.org/fr-ca/nouvelles/235-celebration-de-l-anniversaire-de-l-ere-nouvelle-1844

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