La religion à quoi ça sert ?

Strasbourg, publié le 2 avril 2019 – Alors que les religions sont plus que jamais au cœur de l’actualité, la ville de Strasbourg, la région Grand Est et l’université de Strasbourg, en partenariat avec la librairie Kléber et Le Monde des religions, ont organisé le premier Forum des religions, qui s’est tenu du 28 au 31 mars derniers à Strasbourg et dont le thème de réflexion était : La religion à quoi ça sert ?

L’aspect inédit de ce format, la participation des représentants de huit cultes ainsi que le partenariat avec le Monde des Religions en font une véritable première. De nombreuses animations, se déroulant dans différents lieux de la ville, étaient inscrites à ce programme de 4 jours.

Le jeudi 28 mars, l’hôtel de ville de Strasbourg a accueilli une table ronde avec les représentants des huit cultes à laquelle a participé Hamdam Nadafi, la directrice du Bureau des affaires extérieures des bahá’ís de France.

Le dimanche 31 mars, les lieux de culte étaient ouverts au public dont le centre local bahá’í de Strasbourg, situé rue des Veaux à Strasbourg.

L’équipe de www.bahai.fr a rencontré Mme Nadafi pour en apprendre plus sur ce Forum des religions.

Le jeudi 28 mars, l’Hôtel de ville de Strasbourg a accueilli une table ronde avec les représentants de huit cultes. De gauche à droite : Jacques Fortier (médiateur), Sacha Marche (bouddhisme), Abdelhaq Nabaoui (Islam), Christian Albecker (protestantisme), Étienne Uberall (catholicisme), Harold Weill (judaïsme), Luxmee Quirin (hindouisme), Vasile Iorgulescu (orthodoxie) et Hamdam Nadafi (foi bahá’íe)

Le jeudi 28 mars, l’Hôtel de ville de Strasbourg a accueilli une table ronde avec les représentants de huit cultes. De gauche à droite : Jacques Fortier (médiateur), Sacha Marche (bouddhisme), Abdelhaq Nabaoui (Islam), Christian Albecker (protestantisme), Étienne Uberall (catholicisme), Harold Weill (judaïsme), Luxmee Quirin (hindouisme), Vasile Iorgulescu (orthodoxie) et Hamdam Nadafi (foi bahá’íe)

Mme Hamdam Nadafi, vous avez représenté la communauté bahá’íe au premier Forum des religions ; pourquoi ce forum en France ?

« Les organisateurs de l’évènement expliquent eux-mêmes avoir souhaité créer un espace où les acteurs de la société réinterrogent la définition de la laïcité à un moment où cette question est au cœur du débat public. Aujourd’hui encore, nombre de Français pensent que la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État refoule la religion dans la sphère privée. Or, poser la question du rôle de la religion dans la société permet de réexaminer la contribution qu’elle peut apporter dans l’harmonisation des relations humaines. »

Quel était l’objectif des organisateurs en organisant ce forum ?

« Les organisateurs souhaitaient porter la religion dans le débat citoyen. Amener les intellectuels, les journalistes, les religieux et les citoyens à parler de religion, à mettre ce sujet au cœur du débat scientifique et du débat citoyen. Permettre, en fait, à tous les acteurs de la société de réfléchir au rôle et à la place de la religion. »

Quel était le programme de ce forum pendant 4 jours ?

« Ce forum a été pensé comme un véritable dialogue entre les acteurs présents, un espace permettant une connaissance mutuelle. En partenariat avec Le Monde des Religions, ce Forum des religions a accueilli des spécialistes reconnus mais aussi des témoins s’interrogeant sur l’apport des religions à la construction des générations présentes et futures.

Durant 4 jours, dans différents lieux de la ville, des conversations et des ateliers ont accueilli des écrivains, des intellectuels et des chercheurs du monde universitaire ou religieux. Tous les participants ont échangé et croisé leurs regards sur la religion et la croyance. Au travers d’une conversation avec les représentants des huit cultes, d’ateliers d’échanges et de réflexion, de visites des lieux de cultes, chaque participant était amené à s’interroger : La religion, à quoi sert-elle ? ».

Dimanche 31 mars, les lieux de culte étaient ouverts au public dont le centre local bahá’í de Strasbourg, situé rue des Veaux à Strasbourg.

Dimanche 31 mars, les lieux de culte étaient ouverts au public dont le centre local bahá’í de Strasbourg, situé rue des Veaux à Strasbourg.

La religion étant créatrice de lien social, quelles valeurs peut-elle alors porter ?

« La religion touche aux ressorts de la motivation ; elle se préoccupe d’ennoblir le caractère et d’harmoniser les relations humaines ; à toutes les époques et en tous lieux, elle a cultivé le bien et désapprouvé le mal.

En touchant à l’esprit humain, les enseignements religieux ont accompagné des populations entières dans leur développement de la capacité d’aimer, de pardonner, de créer, de vaincre les préjugés, de discipliner l’aspect animal de leur nature et de faire de grands sacrifices pour le bien commun ; la plupart des gens ont appris à pratiquer le pardon, la générosité et la confiance, à utiliser la richesse et les autres ressources pour servir le progrès de la civilisation et les intérêts collectifs.

La religion guide l’homme ; elle lui permet de puiser dans les conseils prodigués par ces personnages transcendants que sont les Manifestations de Dieu ainsi que dans leurs enseignements, le courage nécessaire pour dépasser les limites imposées par la nature et de développer l’âme rationnelle. Leur exemple suscite un élan spirituel et exerce une influence profonde sur le processus civilisateur de la personne humaine. L’histoire des civilisations, par ailleurs, regorge d’exemples qui mettent en lumière que tous les progrès fondamentaux ont puisé leur impulsion morale dans cette source intarissable qu’est la religion et les valeurs qu’elle porte. »

La rosace créée pour le calendrier interreligieux de la ville de Strasbourg est formée des symboles des 8 religions participant régulièrement en Alsace au dialogue interreligieux ainsi qu’au premier Forum des religions qui s’est déroulé du 28 au 31 mars 2019 à Strasbourg.

La rosace créée pour le calendrier interreligieux de la ville de Strasbourg est formée des symboles des 8 religions participant régulièrement en Alsace au dialogue interreligieux ainsi qu’au premier Forum des religions qui s’est déroulé du 28 au 31 mars 2019 à Strasbourg.

Qu’est-ce que cela change de pratiquer une religion ou pas ?

« La religion possède cette capacité unique à éduquer les êtres humains sur le plan moral. La religion est comme une force positive qui façonne la pensée et le comportement humains et encadre la manière dont les individus et la société interagissent. Toutes les religions promettent un avenir dans lequel la paix et la prospérité de l’humanité seront établies. Cependant, cette réalisation éventuelle de la prospérité humaine ne peut être considérée comme quelque chose qui sera réalisé sans effort.

Un tel horizon exige une action continue et persévérante, jour après jour, génération après génération ; et c’est la religion qui touche le cœur des humains, qui nous motive à nous améliorer et à améliorer la société ; la religion transporte chacun d’entre nous dans un voyage éducatif de toute une vie, nous aidant à dépasser, à bannir même, l’ignorance et les préjugés. Or ce voyage éducatif nécessite une action quotidienne, une pratique répétée.

On se rend bien compte lorsque l’on regarde l’évolution d’un être humain, depuis son enfance jusqu’à son âge adulte, que les habitudes y jouent un rôle déterminant. Les habitudes que nous prenons dès l’enfance et l’adolescence, bonnes ou mauvaises, bien souvent, conditionnent notre vie adulte. C’est en répétant une action qu’elle devient une habitude, et c’est en devenant une habitude que cette action devient un comportement naturel. Si on n’apprend jamais à donner sans rien attendre en retour, si nous n’apprenons jamais à pardonner, si nous ne nous exerçons pas quotidiennement à prier et à dépasser nos limites afin de développer nos capacités et qualités spirituelles, nous ne saurons jamais faire briller ce trésor enfoui en nous. En somme, la religion et sa pratique quotidienne nous permettent de développer les facultés latentes en chacun d’entre nous, facultés indispensables à la construction d’une civilisation meilleure. »

Quel a été l’apport des bahá’ís à ce forum ?

« Il y a plus d’un siècle, Bahá’u’lláh lançait l’appel suivant : « Soyez vigilants aux besoins de votre époque et concentrez vos délibérations sur ses nécessités et sur ses exigences. » La communauté bahá’íe mondiale s’efforce quotidiennement de répondre à cet appel, par une action qui engage la population mondiale à assumer la responsabilité de son destin collectif, et qui est fondée sur la conscience de l’unité du genre humain. Le concept de l’humanité formant un seul peuple est à distinguer de celui d’uniformité ou d’homogénéité, car il s’agit d’être uni dans la diversité. Il ne s’agit pas non plus d’un énoncé simpliste, mais d’une remise en cause des principes qui organisent la société contemporaine. La compétition, la lutte, l’assistanat, la concurrence sont autant d’aspects de la vie moderne qu’il serait possible de remplacer par la justice sociale, la consultation, l’accompagnement et le développement des capacités, le service, et tant d’autres encore… mais uniquement lorsque les habitants de la terre auront pris conscience qu’ils ne forment qu’une seule famille humaine.

L’unité de cette famille humaine est au cœur des enseignements bahá’ís et représente le but et la motivation de chacune des actions entreprises par les bahá’ís à travers le monde. Inspirés par la vision de Bahá’u’lláh, les bahá’ís s’efforcent de contribuer au bien-être et au progrès de la société aux côtés de personnes qui partagent cette même volonté au sein des quartiers et des villages.

Les bahá’ís sont toujours heureux de pouvoir partager l’expérience et les apprentissages cumulés depuis plusieurs décennies quant à la question de l’unité, à travers diverses activités entreprises avec les enfants, les jeunes adolescents, les adultes, les familles, les voisins de quartier ou de village. Un principe important de la foi bahá’íe est celui de la nécessaire adéquation entre la dévotion et le service. La contribution des bahá’ís lors de ce Forum a été notamment d’apporter ce message que la paix est non seulement possible mais inévitable et que la religion « sert » notamment à dépasser nos propres limitations, à puiser dans la dévotion les aptitudes et la force nécessaires pour être au service du collectif et permettre ainsi d’atteindre l’unité de la famille humaine. »

 

Pour en savoir plus :

Pour prendre connaissance du programme complet de ce premier Forum des religions, veuillez cliquer ici

Lire l’article paru dans le journal L’Alsace en date du 28 mars 2019 : https://www.lalsace.fr/actualite/2019/03/28/strasbourg-la-religion-a-quoi-ca-sert-huit-cultes-repondent

Lire l’article paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace en date du 28 mars 2019 : https://www.dna.fr/religions/2019/03/29/huit-cultes-a-table

Voir  la vidéo de présentation du Forum sur TV Alsace 20, cliquez ici 

 

Publication d’origine: Bahá’ís de France – Site officiel http://www.bahai.fr/la-religion-a-quoi-ca-sert/

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