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Les bahá’ís égyptiens privés de droit à l’Etat-civil

PARIS, France – Suite à la décision de la Cour suprême egyptienne, les bahá’ís de France publient le communiqué de presse suivant.

Les bahá’ís d’Egypte sont sans papiers. Dans un pays où tous les citoyens doivent indiquer leur religion sur leur Etat-civil, la Cour administrative suprême égyptienne vient de leur dénier le droit de s’identifier comme bahá’ís. Elle les prive du même coup d’inscrire leurs enfants à l’école, de postuler pour un emploi, de détenir un compte en banque, d’accéder aux soins, entre autres. Ils ont le choix entre se convertir contre leur gré à l’Islam, au Christianisme ou au Judaïsme, les trois religions reconnues, ou être privés d’Etat-civil. Il ne leur reste plus qu’à espérer que le débat public poussera le gouvernement égyptien à revenir sur sa politique discriminatoire.

L’affaire a démarré au printemps 2006. Husam Izzat Musa et Ranya Enayat Rushdy, un couple marié, se sont vu confisquer cartes d’identité et passeports quand ils ont demandé à y inscrire les noms de leurs filles, dont les actes de naissance mentionnaient la religion bahá’íe.

En avril, un tribunal administratif avait statué en leur faveur, obligeant l’Etat à leur délivrer des cartes d’identité indiquant leur religion. L’arrêt affirmait que même si le gouvernement ne reconnaissait pas à la Foi bahá’íe le caractère d’une religion, ses membres devaient néanmoins pouvoir inscrire leur appartenance religieuse dans les papiers officiels.

Ce jugement a provoqué un tollé parmi les éléments extrêmistes de la société égyptienne, qui se sont élevés contre toute mention officielle d’une religion autre que celles évoquées dans le Coran. Des organisations indépendantes des droits de l’homme se sont intéressé à l’affaire. Des centaines d’articles, témoignages, commentaires, émissions de télévision, et même des débats en direct dans les médias égyptiens et arabes ont relayé l’histoire du couple Musa-Rushdy et ses retombées, ouvrant un véritable débat dans la société civile sur les questions de liberté de conscience et de tolérance religieuse.

En mai, le gouvernement a fait appel de la décision du tribunal administratif et l’a portée devant la Cour administrative suprême. Le 2 décembre, les avocats des bahá’ís ont plaidé le rejet de l’appel du gouvernement arguant que l’arrêt du tribunal administratif était conforme à la loi.

Pour de plus amples informations, visitez le site web des bahá’ís de France.

Lisez aussi davantage sur la situation des bahá’ís d’Égypte.

Égypte : la minorité baha’ie ne sera pas reconnue sur les papiers d’identité

LE CAIRE, Egypte – Les manchettes l’annoncent: la cour suprême égyptienne, ayant délibérée sur le cas du couple égyptien bahá’í qui ont réclamé le droit de recevoir des cartes d’identité ayant leur religion écrit correctement dessus—leur permettant donc de pouvoir jouir de leurs droits en tant que citoyens égyptiens—les ont plutôt refusé l’accès à ces documents indispensables, leur replongeant dans un état de « non-existence ». Sans cartes d’identité, les bahá’ís seront refusés l’accès à l’enseignement, l’emploi et la santé—et même aux documents civils de base tels que certificats de naissance, de décès, et de reconnaissance de mariage. Tiré d’un communiqué de l’Agence France Presse:

La justice égyptienne a refusé samedi que la minorité bahaïe, communauté philosophique et religieuse d’environ 2,000 personnes, soit reconnue sur les papiers d’identité, a indiqué à l’AFP une source de sécurité.

C’est un couple, Hossam Ezzat Moussa et son épouse, Rania Enayat, qui avait demandé à la justice, en 2004, le droit de mentionner leur religion sur leurs documents officiels.

En avril 2006, un tribunal administratif du Caire avait émis un jugement favorable, suspendu par la suite par sa juridiction suprême, saisie par le gouvernement sous la pression des tenants d’un islam rigoriste.

Les cartes d’identité du couple avaient été confisquées. En Egypte, ces papiers sont indispensables pour l’accès à l’enseignement, l’emploi et la santé.

Sur les nouvelles cartes d’identité numériques, seules sont mentionnées les trois religions monothéistes reconnues par l’islam: christianisme, judaïsme et islam.

Les Bahaïs sont implantés en Egypte depuis plus de 150 ans. Jusqu’à présent, ils parvenaient à obtenir des documents d’état civil permettant l’obtention de cartes d’identité rédigées à la main, grâce à des arrangements officieux.

Lisez le communiqué de la Communauté internationale bahá’íe (anglais), ou Lisez le même communiqué en arabe.

Découvrez aussi le blogue Baha’i Faith in Egypt pour un portrait plus complet de la situation des bahá’ís d’Egypte.

La discrimination envers les bahá’ís d’Égypte continue

LE CAIRE, Égypte – Il faut se rappeler que ce n’est pas seulement en Iran que les bahá’ís rencontrent de la discrimination à cause de leur religion. Les bahá’ís de l’Égypte souffrent depuis longtemps de l’impossibilité d’être reconnus comme citoyens de leur propre pays, tout à cause de leur religion. Lisez cet extrait d’un article trouvé grâce au site Nouvelles Internationales Bahá’íes:

La politique controversée du gouvernement égyptien, qui demande aux citoyens de mentionner leur religion sur la carte d’identité, tout en limitant le choix aux trois religions officielles, était le thème central d’un important symposium au Caire, en août 2006.

Cet événement a attiré une attention considérable sur la plainte des bahá’ís en Egypte, qui souffrent de la discrimination du gouvernement. Les bahá’ís se trouvent en effet forcés de mentir au sujet de leur appartenance religieuse ou de vivre sans carte d’identité, celle-ci étant cependant indispensable à l’accès à leurs droits de citoyen.

Organisé le 8 août 2006 par le Conseil national des droit de l’Homme (CNDH), une organisation consultative d’origine gouvernementale chargée de conseiller le gouvernement sur les questions relatives aux droits de l’Homme, le symposium a permis à une grande diversité de groupes de la société civile de témoigner, de même qu’à des organismes gouvernementaux et des ministères, ainsi qu’à la communauté bahá’íe d’Egypte.

« Les bahá’ís doivent actuellement mener un combat quotidien », a déclaré le Dr. Basma Moussa, représentante des bahá’ís, expliquant que sans carte d’identité valide, les bahá’ís ne pouvaient s’inscrire ni à l’école, ni à l’université, qu’ils ne pouvaient pas non plus adresser de requête pour leur service militaire, postuler pour un emploi, effectuer des transactions bancaires ou percevoir convenablement leur salaire.

Le Dr. Moussa a cependant ajouté que les accords internationaux, de même que le droit égyptien, garantissaient la liberté de religion et de croyance et que les questions administratives autour de la carte d’identité pouvaient être résolues facilement en adoptant des solutions alternatives, telles qu’une possibilité de non-réponse dans le champ d’identification de la religion ou en autorisant simplement un quatrième choix intitulé « autre ».

[…] La récente introduction d’un système de carte informatisée excluant toute identification religieuse à l’exception des trois religions officiellement reconnues a compliqué le problème pour les bahá’ís, qui pouvaient auparavant trouver certains agents administratifs coopératifs, acceptant de laisser le champ d’identification religieuse vierge sur l’ancien type de carte.

Non seulement les croyances des bahá’ís leur interdisent de mentir, mais le fait de fournir une fausse information sur un document officiel constitue un crime en Egypte. Ainsi, incapables moralement comme légalement de mentionner l’une des trois religions reconnues, les bahá’ís se voient empêchés d’obtenir de nouvelles cartes, et leur communauté est progressivement privée de tous les droits des citoyens.

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Les baha’is de l’Égypte sortent de l’ombre

EGYPTE – Après les baha’is de l’Iran, c’est au tour des baha’is d’Égypte de se faire priver de leurs droits humains. Étant donné que la Foi baha’ie n’est pas reconnue comme religion en Égypte, les baha’is ont un choix déchirant à faire: se déclarer comme musulman, chrétien, ou juif, ou bien se faire priver des documents d’identité officiels. Les baha’is qui refusent sont privés de leur accès aux services essentiels tels que l’éducation publique, les hôpitaux et services de santé publiques, les pensions, et ainsi de suite. Pire, leurs naissances, décès et mariages ne peuvent être reconnues par l’état.

Après une victoire légale au sein d’un tribunal administratif à Alexandrie dans lequel un couple baha’i a gagné le droit d’avoir leur religion correctement inscrit sur leurs cartes d’identité, il semblait que les fortunes des baha’is allait s’améliorer. Mais suite à un appel de la part du gouvernement égyptien, la décision du tribunal a été suspendue par la Haute Cour administrative.

Le journal Hebdo Al-Ahram a publié une enquête sur l’affaire. Les faits présentés au sujet des baha’is sont saupoudrés d’erreurs, parfois graves: Bahá’u’lláh est représenté en tant qu’ayant participé dans un attentat mené contre le Shah d’Iran, alors que c’est absolument faux [2]. Pour peindre un portrait de l’opposition qui se manifeste contre les baha’is en egypte, par contre, c’est quand même un article révélateur. Un extrait:

Un débat houleux s’est engagé dans les médias imposant l’ouverture du dossier des bahaïs, des laissés-pour-compte depuis 1960. La polémique a commencé après le verdict prononcé par le tribunal administratif de première instance d’Alexandrie qui a répondu favorablement à une revendication de longue date. En effet, depuis des décennies, la communauté bahaïe égyptienne ne cesse de revendiquer son droit d’afficher sa religion ou de l’inscrire sur la carte d’identité. Mais le ministère de l’Intérieur a refusé et les a obligés à mentionner musulman ou chrétien ou laisser la case vide. Aujourd’hui, cette communauté, dont le nombre atteint 10 000 personnes en Egypte, revendique ses droits à la citoyenneté. Ce n’est pas la première fois qu’une telle polémique se déclenche en Egypte. En 1910, l’écrivain Mohamad Fadel a écrit deux articles sous le titre Gabriel descend en Egypte et dans lesquels il a abordé le bahaïsme comme nouvelle religion en Egypte. A l’époque, l’information avait aussi provoqué des remous. Cependant, les bahaïs ont continué à vivre leur religion et pratiquer ses rituels jusqu’en 1960, lorsque le président Gamal Abdel-Nasser donna l’ordre de fermer les centres et al-mahafel (lieu de rassemblement des adeptes) en Egypte. Ceci est arrivé suite à un procès intenté contre un groupe d’Egyptiens accusés de répandre le bahaïsme en Egypte. Le dossier est ouvert de nouveau dans les années 1980, après l’attentat du président Anouar Sadate, lorsque la Sûreté de l’Etat a poursuivi les mouvements religieux actifs de cette époque. « J’ai été arrêtée en 1985 et accusée de mépris des religions, parce que je suis une bahaïe. Mais plus tard, j’ai été acquittée. En fait, ce qui me dérange le plus, c’est que la société égyptienne nous rejette et nous accuse de former un réseau d’espionnage et même de prostitution, informations données par la presse à sensation. Avant de juger une religion, ne faut-il pas d’abord la connaître comme il le faut? », s’interroge Wafaa Halim, femme d’affaires bahaïe.

[ . . . ] « Je ne suis pas obligé de me justifier pour défendre ma religion. J’en suis convaincu et cela me suffit pleinement. Mais personne ne doit m’obliger à cacher ma confession comme si c’était une tare ou à mentir en mentionnant une autre religion », s’exprime Hussein Elias, qui poursuit que les enfants bahaïs étudient la religion musulmane ou chrétienne dans les écoles, car le bahaïsme ne figure pas parmi les religions enseignées. Une polémique qui a aussi atteint la rue égyptienne. Cette affaire a aiguisé la curiosité envers ce culte. « La position des cheikhs m’étonne, ils veulent empêcher les gens d’embrasser une autre religion alors que l’islam est clair en ce qui concerne la liberté des cultes. Dans la sourate des mécréants (Al-Kafiroun), le Coran a expliqué les bases de cette liberté avant même les autres déclarations internationales. A chacun sa religion », explique Abir, comptable. Saher, directeur d’une banque, partage cet avis et estime que nous sommes presque le seul pays au monde qui juge les gens d’après leur culte. « Nous nous trouvons dans un souk où tout le monde doit avoir la liberté d’exposer sa marchandise et chacun est libre de choisir celle qui lui convient. Une chose est sûre : le progrès dans n’importe quel pays se mesure par le respect de l’individu et la liberté des cultes ».

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