Étiquette : Yémen

Yémen: La communauté bahá’íe persécutée aux mains des autorités Houthi/Saleh

Article paru sur Amnesty International, 28 avril 2017

Par Amnesty International

Plus de vingt hommes et femmes baha’is risquent d’être arrêtés de façon imminente par les autorités houthi/Saleh à Sanaa, la capitale du Yémen, a déclaré Amnesty International.

« Les autorités houthi/Saleh doivent immédiatement cesser de persécuter les membres de la communauté baha’i à Sanaa, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches au bureau régional d’Amnesty International à Beyrouth.

« Les arrestations de baha’is motivées par leur foi font manifestement partie d’un vaste mouvement de répression exercée contre les minorités par les autorités houthi/Saleh, et dans ce contexte des familles entières vivent dans la peur, craignant pour leur sécurité et celle de leurs proches ; il s’agit de violations flagrantes des obligations du Yémen au titre du droit international. »

La semaine dernière, trois hommes baha’is ont été arrêtés de façon arbitraire ; l’un d’eux a par la suite été relâché en raison du tollé suscité et à l’issue de négociations menées au niveau local. Selon les informations obtenues par Amnesty International, de nombreux membres de la communauté baha’i ont reçu des menaces il y a une dizaine de jours de la part du procureur général du Tribunal pénal spécial, qui leur a demandé de se présenter à son bureau afin d’être interrogés au sujet du baha’isme, sans quoi ils risquaient d’être arrêtés chez eux. Certaines des personnes qui ont reçu ce message ont déjà été arrêtées par le passé. Les enfants de certains membres de cette communauté risquent d’être arrêtés avec leurs parents, parce qu’ils ne peuvent pas aller autre part.

Complément d’information

Le 10 août 2016, des agents armés et cagoulés du Bureau national de sécurité, qui travaille main dans la main avec les autorités armées houthies, ont fait irruption dans un atelier pour jeunes baha’is à Sanaa et arrêté 65 baha’is, dont six mineurs.

Hamid Haydara, membre de la communauté baha’i, est détenu depuis décembre 2013 et accusé d’avoir tenté de convertir des musulmans à la foi baha’i. Il est également inculpé, entre autres, d’apostasie, de travailler pour le compte du gouvernement israélien et de saper l’indépendance de l’État du Yémen, ces infractions étant obligatoirement punies de la peine de mort en vertu de la législation yéménite. Amnesty International s’oppose à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances et elle a aujourd’hui publié le contenu d’une lettre qu’elle a envoyée aux autorités houthies en mars après avoir appris que Hamid Haydara avait été placé à l’isolement.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que le Yémen a ratifié en 1987, garantit le droit de chacun d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de pratiquer sa religion « individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé ».

Les baha’is étaient déjà persécutés en raison de leur foi sous le régime de l’ex-président Ali Abdullah Saleh avant le conflit armé.

Publication d’origine: Amnesty International https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/04/yemen-bahai-community-faces-persecution-at-hands-of-huthi-saleh-authorities/

Des chefs de tribus solidaires des bahá’ís yéménites

SANA’A, Yémen, publié le 17 mai 2017 – Des centaines de Yéménites, avec à leur tête des chefs de tribu et des militants des droits de l’homme, se sont réunis le lundi matin 15 mai 2017 pour dénoncer la récente décision d’arrêter plusieurs bahá’ís yéménites et pour exiger leur libération immédiate.

À l’heure actuelle, cinq bahá’ís, dont le chef de tribu Walid Ayyash, restent en prison ou sont détenus sous la direction des autorités de Sanaa. Les détenus n’ont pas été autorisés à recevoir des visiteurs. De nombreux autres bahá’ís sont menacés d’être arrêtés.

À Sana’a, au Yémen, des centaines de Yéménites se sont réunis le lundi 15 mai pour exiger la libération immédiate des bahá’ís yéménites qui ont été injustement arrêtés en avril.

À Sana’a, au Yémen, des centaines de Yéménites se sont réunis le lundi 15 mai pour exiger la libération immédiate des bahá’ís yéménites qui ont été injustement arrêtés en avril.

« Il existe des indications claires dans des rapports provenant du pays que certaines autorités ont reçu des instructions de l’Iran pour commettre ces actions injustes et qu’elles n’ont pas d’autre motif que celui de persécuter la communauté bahá’íe », a déclaré Bani Dugal, la représentante principale de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations unies.

Celui qui a mené la campagne contre les bahá’ís au Yémen est un membre du bureau du procureur à Sanaa, M. Rajeh Zayed. Les rapports indiquent que, lors des manifestations pacifiques du lundi matin, M. Zayed a menacé la foule avec une arme et a tenté, sans succès, d’inciter à la violence contre les personnes présentes.

« Malgré ses harangues, la foule est restée pacifique et, heureusement, les agents de sûreté se sont abstenus de toute violence », a expliqué Mme Dugal.

« Ces membres des tribus et les militants yéménites ont bravement montré leur soutien aux bahá’ís, même s’ils devenaient des cibles d’attaques, a déclaré Mme Dugal. Leur expression de solidarité, surtout pendant une période aussi difficile pour leur pays, est sincèrement appréciée par la Communauté internationale bahá’íe.

« En effet, leurs actions témoignent du principe de l’unité de l’humanité et montrent que nous sommes étroitement liés, de sorte que la douleur et la joie de l’un deviennent la douleur et la joie d’un autre. Nous espérons et prions ardemment pour que la persécution insensée des bahá’ís au Yémen se termine et que les énergies puissent plutôt être dirigées vers des objectifs plus élevés, tels que la fin de la violence qui ravage le pays et l’éradication des maladies et de la malnutrition qui affligent actuellement des segments importants de la population dans tout le pays. »
Publication d’origine: Bahá’ís de France – Site officiel http://www.bahai.fr/des-chefs-de-tribus-solidaires-des-bahais-yemenites/

Les baha’is du Maroc solidaires de leurs coreligionnaires arrêtés au Yémen

Article paru dans HuffPost Maroc, 28 avril 2017

Par Anaïs Lefébure

Plutôt discrets au Maroc, les membres de la communauté baha’ie sont récemment sortis de leur silence pour condamner, fin avril, les mandats d’arrestation lancés à l’encontre d’au moins 25 coreligionnaires au Yémen.

Selon un communiqué publié par la communauté internationale baha’ie et diffusé par les baha’is du Maroc, plusieurs fidèles yéménites ont été arrêtés au mois d’avril à Sanaa, la capitale du Yémen.

« La communauté baha’ie du Maroc est profondément attristée de constater qu’à notre époque, il existe encore des pays arabo-musulmans qui persécutent et arrêtent des citoyens uniquement car ils ont une confession différente de l’islam, bafouant, ainsi, les droits de l’Homme et la liberté de croyance », explique au HuffPost Maroc Jaouad Mabrouki, chargé de communication de la communauté baha’ie au Maroc.

S’il estime que le Maroc « avance dans une grande ouverture à la démocratie et à la liberté de croyance », il déplore que ce ne soit pas le cas au Yémen, où « des baha’is sont, en cet instant, entre la vie et la mort sans parler de la torture psychologique infligée aux familles des prisonniers ».

« Comme tous les baha’is du monde, nous contestons cette violation des droits de l’Homme au Yémen à l’encontre des baha’is et nous demandons au monde entier de mettre fin à cette violation », ajoute-t-il.

Selon la communauté internationale baha’ie, le 17 avril, des dizaines de baha’is yéménites ont reçu des appels téléphoniques le soir les prévenant qu’ils devaient se présenter au tribunal le lendemain matin. L’un d’eux, un ingénieur civil, s’est présenté devant le tribunal et a été « immédiatement arrêté », selon le communiqué. Une demande de comparution considérée, par la communauté baha’ie, comme « un stratagème pour leur arrestation ».

« Nous appelons la communauté internationale à dénoncer unanimement ces actions alarmantes menées par certaines autorités au Yémen (…) et nous demandons qu’elles mettent fin à cette récente vague d’arrestations et libèrent les baha’is emprisonnés, qui sont en grave danger », a déclaré Bani Dugal, la principale représentante de la communauté internationale baha’ie auprès des Nations unies.

Début avril, l’ONG Human Rights Watch lançait un plaidoyer contre la détention depuis 2013 et la condamnation à mort d’un baha’i yéménite « à cause de sa foi ». L’homme est accusé par les autorités du Yémen d’être Iranien et d’avoir falsifié ses papiers, de prosélytisme, d’apostasie et de collaboration avec Israël – le centre religieux et administratif de la communauté baha’ie est implanté à Haifa, au nord d’Israël.

Le baha’isme, religion monothéiste fondée en Perse au milieu du 19e siècle, rassemblerait, aujourd’hui, environ 7 millions de fidèles, dont quelques centaines au Maroc. Les baha’is, qui s’inscrivent dans la continuité de la religion juive, chrétienne et musulmane, prônent, entre autres, la justice sociale, la tolérance et l’égalité entre les sexes. En 1962 à Nador, treize adeptes marocains de la religion bahai’e avaient été condamnés à mort ou à la prison à perpétuité, avant d’être finalement relâchés en 1963.

Publication d’origine: HuffPost Maroc http://www.huffpostmaghreb.com/2017/04/28/bahais-maroc-solidaires-coreligionnaires-arretes-yemen_n_16309516.html

L’inquiétude augmente au Yemen devant une vague d’arrestations alarmante

CIB NEW YORK , publié 21 avril 2017 – Des mandats d’arrestation d’au moins 25 baha’is ont été émis par certaines autorités de Sanaa qui harcèlent les bahá’ís yéménites et les poussent à abjurer leur foi.

Une image de la vieille ville de Sana’a, capitale du Yémen. Crédit photo : Rod Waddington

Une image de la vieille ville de Sana’a, capitale du Yémen. Crédit photo : Rod Waddington

Les accusations absurdes et sans fondement formulées contre les bahá’ís incluent la manifestation de gentillesse et de rectitude de conduite dans le but d’attirer les gens dans leur religion. Ces accusations ressemblent de façon frappante à celles que les bahá’ís affrontent en Iran et, d’ailleurs, des rapports indiquent l’influence des autorités iraniennes sur les incidents survenant au Yémen.

Les événements récents constituent des développements inquiétants dans une série d’attaques qui accablent la communauté bahá’íe yéménite. Il s’agit notamment, en 2013, de l’arrestation et de l’affaire en cours devant les tribunaux de M. Hamed bin Haydara, ainsi que de l’arrestation en masse, en 2016, de plus de 60 participants, dont la moitié étaient des bahá’ís, lors d’un rassemblement éducatif. M. Kaiwan Qaderi, qui faisait partie des personnes arrêtées, est en prison depuis plus de huit mois. En outre, il y a quelques semaines, un employé de la Croix-Rouge, qui est bahá’í, a été arrêté le 5 avril à Sanaa simplement à cause de sa foi.

« Nous appelons la communauté internationale à dénoncer unanimement ces actions alarmantes menées par certaines autorités au Yémen, y compris la Sécurité nationale et le Bureau du procureur, et nous demandons qu’elles mettent fin à cette récente vague d’arrestations et libèrent les bahá’ís emprisonnés, qui sont en grave danger », a déclaré Bani Dugal, la principale représentante de la Communauté internationale bahá’íe (CIB) auprès des Nations unies.

« Ne restons pas là sans rien faire et ne permettons pas à une situation d’injustice et de tyrannie contre une communauté religieuse de se dérouler », a-t-elle plaidé avec force.

Juste avant le lancement des mandats d’arrestation, le lundi 17 avril, des dizaines de bahá’ís ont reçu des appels téléphoniques entre 22h30 et minuit les prévenant qu’ils devaient se présenter au tribunal le lendemain matin. Conscients des efforts récents pour persécuter les bahá’ís et étant donné qu’aucune ordonnance officielle du tribunal ne leur avait été présentée, les bahá’ís convinrent d’envoyer plusieurs avocats à leur place.

Cependant, un bahá’í, M. Badi’u’llah Sana’i, un important ingénieur civil au Yémen, a suivi le conseil qui lui a été donné sur son lieu de travail et s’est présenté devant le tribunal le 18 avril. Il a été immédiatement arrêté, confirmant le soupçon que la demande de comparution devant le tribunal adressée aux baha’is était un stratagème pour leur arrestation.

Le 19 avril, deux bahá’ís de plus, dont M. Walid Ayyash, membre d’une importante tribu yéménite, ont été arrêtés par les autorités alors qu’ils circulaient entre les villes d’Ibb et d’Hudaydah. Leur lieu de détention est actuellement inconnu et les craintes concernant leur sécurité vont croissant.

Beaucoup de familles bahá’íes à Sana’a ont dû quitter leurs maisons pour éviter d’être injustement détenues, notamment la femme de M. Haydara, qui lutte depuis plus de trois ans pour la libération de son mari tout en prenant soin de leurs trois filles et qui est maintenant elle-même sur la liste des personnes à arrêter.

Ces dernières années, au cours d’une période turbulente de conflit civil au Yémen, les membres de la communauté bahá’íe ont refusé de s’associer à un quelconque groupe et ils ont plutôt cherché à servir tous leurs concitoyens, s’attachant particulièrement à une jeune génération désireuse de consacrer ses énergies à la régénération de leur société.

Beaucoup de dirigeants yéménites de diverses factions ont déjà exprimé leur sympathie envers la communauté bahá’íe. Même parmi les autorités houthistes à Sanaa, à l’intérieur de la juridiction dans laquelle ces persécutions se déroulent, certains personnes-clés, y compris un ministre, ont exprimé leur mécontentement face à la persécution continue des bahá’ís et certains ont même condamné ces récentes attaques par le biais des médias sociaux.

« Nous sommes confiants dans le soutien de beaucoup d’autres personnes plus justes au Yémen, de quelque groupe ou rang qu’elles soient, qui sont certainement d’accord pour que les membres la communauté bahá’íe soient autorisés à vivre parmi leurs concitoyens et contribuent à l’amélioration de leur société, particulièrement au cours de cette période si difficile pour leur pays », a affirmé Mme Dugal.

 

Publication d’origine: Bahá’ís de France – Site officiel http://www.bahai.fr/linquietude-augmente-au-yemen-devant-une-vague-darrestations-alarmante/